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Culture Frat Boy, harcèlement sexuel, Activision Blizzard se retrouve dans la tourmente

Publié le: 24/Jul/2021 21:34 Modifié le: 24/Jul/2021 21:33

by Isabelle Thierens

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Rien ne va plus pour Activision Blizzard. Alors que le célèbre studio faisait depuis 2 ans l’objet d’une enquête de la DFEH, cette investigation sur les conditions de travail s’est soldée par le dépôt d’une plainte par l’État de Californie.

Pendant près de 2 ans, le Department of Fair Employment and Housing de Californie (DFEH) a mené l’enquête sur les conditions de travail des employés d’Activision Blizzard, le mastodonte à qui l’ont doit des licences emblématiques telles que World of Warcraft, Diablo ou encore Call of Duty.

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Cette enquête a fait remonter à la surface un certain nombre de pratiques néfastes présumées allant du harcèlement sexuel aux inégalités salariales en passant par une discrimination genrée. Mais ce n’était que le début de la descente aux enfers pour Activision Blizzard qui est désormais poursuivi par l’État de Californie.

Activision Blizzard se retrouve devant les tribunaux

Selon la plainte déposée ce mardi 20 juillet par la DFEH,  les employées d’Activision Blizzard, qui représentent 20% de l’effectif, seraient régulièrement confrontées à du harcèlement sexuel venant de leurs collègues ainsi que de leurs supérieurs (commentaires déplacés, avances à caractère sexuel, contacts physiques non désirés), des inégalités salariales et différentes formes de discrimination genrée.

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Le département accuse Activision Blizzard d’entretenir sur le lieu de travail une culture “Frat Boy”, qui s’apparente à une culture “de fraternité” encourageant les comportements déplacés envers les femmes.

De nombreux témoignages évoquent par exemple les “cubes crawls ” au cours desquels les employés masculins boiraient “de grandes quantités d’alcool” et adopteraient par la suite un “comportement inapproprié” envers leurs collègues féminines.

Selon ces témoignages, les employés masculins arriveraient régulièrement au travail “avec la gueule de bois” et “joueraient aux jeux vidéo pendant de longues périodes tout en déléguant leurs responsabilités aux employées féminines”. Ils parleraient également “ouvertement du corps des femmes” et plaisanteraient “sur le viol”.

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La plainte évoque également le suicide d’une employée lors d’un voyage d’affaires en compagnie de son supérieur. Ce dernier aurait apporté des objets sexuels avec lui pour le voyage et aurait eu des relations sexuelles avec elle. Elle aurait par ailleurs été victime de harcèlement sexuel au cours du voyage.

Dans sa plainte, la DFEH demande entre autres différents dommages et intérêts, la mise en place de mesures d’injonction et le remboursement des salaires impayés ainsi que l’ajustement des salaires.

La réponse d’Activision Blizzard

La réponse d’Activision Blizzard ne s’est pas faite attendre. En réponse aux accusations de la DFEH, le studio a partagé un communiqué dans lequel selon Bloomberg ils ont annoncé qu’ils comptaient enquêter sur les différentes plaintes tout en pointant du doigt qu’ils s’efforçaient au contraire de promouvoir la diversité, l’égalité et l’inclusion sur le lieu de travail.

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Ils ont remis en cause certains éléments du rapport du DFEH, arguant qu’il comprenait “des descriptions déformées, et dans de nombreux cas fausses du passé de Blizzard”. Par ailleurs ils ont déclaré que tout au long de leur enquête, le DFEH aurait “refusé de nous informer des problèmes qu’il percevait”.

Activision Blizzard
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Un représentant d’Activision Blizzard a avancé qu’au cours des dernières années ils avaient amorcé des changements significatifs à leur culture d’entreprise

“Le tableau dressé par le DFEH ne correspond pas au lieu de travail de Blizzard d’aujourd’hui”, ont-ils conclu, faisant notamment allusion aux différents changements opérés au niveau de la culture d’entreprise depuis le début de l’enquête.

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Cette affaire n’est pas sans faire échos aux précédentes polémiques qui avaient éclaté autour des conditions de travail en vogue à Riot Games ainsi qu’à Ubisoft, où de multiples employées avaient porté plainte pour discrimination et harcèlement sexuel.

Reste à voir quelle sera l’issue de cette affaire qui pourrait coûter très cher à Activision Blizzard.

EDIT :

Jason Schreier est parvenu à mettre la main sur différents emails diffusés en interne à Activision Blizzard suite au procès. Le CEO de Blizzard Entertainment, J. Allen Brack a qualifié les allégations mentionnées dans le procès de “troublantes”, avançant qu’elles suscitaient de nombreuses “émotions”.

Il a indiqué que l’équipe de direction allait s’entretenir avec ” de nombreux employés” afin de réfléchir à comment faire “aller de l’avant” l’entreprise.

Dans un autre mail, Fran Townsend, qui a rejoint Blizzard il y a quelques mois a déclaré que la plainte “présente une image déformée et fausse de notre entreprise, y compris des histoires factuellement incorrectes, anciennes et hors contexte – certaines datant de plus de dix ans.” Un mail qui a eu du mal à passer auprès de plusieurs employés.


article mis à jour le 24 juillet 2021