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La Nouvelle-Zélande interdit un jeu à peine parodique de l'attentat de Christchurch

par Paul Fouillade

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Les autorités néo-zélandaises viennent de bannir un jeu vidéo qui puisait son “inspiration” de la tuerie de masse perpétrée à Christchurch.

Intitulé “The Shitposter” est désigné selon David Shanks (chargé de l'évaluation de la censure et de la classification des jeux vidéo en Nouvelle Zélande), comme “un produit créé pour et vendu aux suprémacistes blancs intéressés à l’idée de soutenir et célébrer les attaques d'extrémistes blancs.

Développé par 2Genderz Productions (ça ne s’invente pas), leur jeu veut tirer profit de ces événements terribles en jouant la carte de la parodie.

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The Shitposter est un FPS qui vous met dans la peau d’un “plaisantin d’Internet” nommé Brenton Torrent qui a été banni de “JooTube” et cherche à se venger en streamant des tueries de masse, soutenu en direct par des racistes depuis son chat. Des pires blagues néo-nazies aux slogans racistes, références et autres memes d’Internet, tout est fait pour attirer un public très ciblé, au prix “symbolique” de 14.88$. A noter que le nom du terroriste responsable de la tuerie de Christchurch s'appelait Brenton Tarrant. Bref, vous voyez le tableau…

Depuis jeudi, il est désormais interdit de partager, détenir ou télécharger le jeu en Nouvelle-Zélande a annoncé l’Office of Film Literature Classification (OFLC), l’équivalent de notre PEGI européen.

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D’abord ignoré par les autorités qui y voyaient jusque-là un coup marketing déplorable et auquel ils ne voulaient pas donner de crédit. Pourtant, l’annonce d’une série de jeux tournés autour de cette “famille d’extrémistes blancs”, a poussé l'OFLC à son interdiction.

Je ne pouvais pas ignorer ce jeu étant donné les préoccupations très réelles suscitées par ce dernier. Après l’avoir évalué, il est clair que ce jeu promeut et célèbre les tueries de masse des extrémistes blancs. Les producteurs du jeu vont essayer de faire de leur travail une satire, mais ce jeu n’est pas une blague.

David Shanks

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Toujours selon l’OFLC, le jeu serait d’ailleurs très passable, au gameplay limité dans lequel on retrouve “une banalisation et une promotion de la violence terroriste contemporaine dans le monde réel et un endossement catégorique des croyances racistes destinées à séduire ceux qui partagent probablement ces croyances ou qui y sont vulnérables.”

2Genderz Productions s’est néanmoins fendu d’une réponse qui enfonce encore plus le studio.

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“Nous l’avons seulement survolée (la déclaration officielle de l’OLFC, ndlr), mais elle semble avoir été écrite par une personne souffrant d’autisme grave”.

Le tout, signé sous le pseudonyme raciste de “Noseberg Shekelschmidt Oyveystein”.

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2Genderz Productions avait déjà fait scandale avec leur premier (et tout aussi mauvais) jeu, Jesus Strikes Back : Judgment Day, qui voulait alors libérer le monde des “radicaux socialistes” et des “terroristes radicaux de la planète Akbar”. Les personnages jouables étaient au nombre de trois, Jesus Christ, Adolf Hitler et Donald Trump, charmant. Une position que le studio avait cherché à enjoliver avec de belles déclarations mais qui ne masquaient en rien l’idéologie profondément marquée de leur “jeu”.